Sur les traces

01/20/07

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Texte par Doris Long  

Sur les traces de Philip et de Julie

                               

La Côte Sud

Cap-Saint-Ignace

L'Islet

Île-Verte

Rivière du Loup

Québec

La Seigneurie de Madawaska

Clair


«De Québec jusqu’à Clair», titre d’un livre écrit par Gilles Long, illustre bien le parcourt de notre ancêtre Philip Long avec son épouse Julie Couillard Després.  Depuis leur mariage à Québec en 1792 jusqu’à leur décès à Clair, on peut suivre leurs traces pas à pas.  Curieusement, tous les lieux qu’ils ont habités, à l’exception de Clair, sont liés d’une façon ou d’une autre aux Couillard.

 

 

 

 

 

 

Source: Gilles Long, Depuis Québec jusqu'à Clair, (avant p76)

La Côte-du-Sud

Depuis les débuts de la colonie, la Côte-du-Sud a été partagée en seigneuries et fiefs.  De la seigneurie de Lauzon jusqu’à celle de Madawaska, en passant par L’Islet-du-Portage, elles ont toutes appartenu à des Couillard ou à des gens liés à des Couillard.


Cap-Saint-Ignace

Tirant son nom d’un petit cap en forme de presqu’île en face de L’Isle-aux-Grues, Cap-Saint-Ignace est l’un des plus vieux établissements humains de la Côte-du-Sud.

 

 

 

 

 

 

 

Le vieux moulin de Cap-Saint-Ignace

Photo de 1909

Source : Site web de la Société historique de la Côte-du-Sud

Située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, la seigneurie de Vincelotte (Cap-Saint-Ignace) est concédée en 1672 à Charles Amiot.  Geneviève de Chavigny, veuve de Charles, en devient propriétaire à la mort de son époux.  En 1680, elle épouse Jean-Baptiste Couillard, fils de Louis Couillard.  C’est ainsi que cette seigneurie passe entre les mains des Couillard.

Philip Long, devenu courrier du roi entre Québec et Fredericton, habite Cap-Saint-Ignace avant son mariage avec Julie.


L’Islet

L’Islet est ainsi nommée d’après un rocher au bord du fleuve Saint-Laurent.  Ce rocher, de deux cent trente mètres de long par quarante-cinq de large, était autrefois entouré d’eau formant un îlot appelé l’islet.  Situé près du fleuve, L’Islet attire bon nombre d’habitants et pendant longtemps, les métiers les plus répandus qu’on y trouve sont ceux de marin et de capitaine.

Son histoire débute par la concession de deux seigneuries.  C’est Frontenac, alors gouverneur de la Nouvelle-France, qui concède la première le 17 mai 1677 à Geneviève Couillard, la fille de Louis Couillard.  Il s’agit de la seigneurie de L’Islet-Saint-Jean.  La deuxième, celle de Bonsecours, est concédée le 1er juillet suivant à François Bélanger.  Cette seigneurie est également connue sous le nom de fief Bélanger.  Marthe Couillard, la fille de Jacques Couillard Després, épouse Pierre Bélanger en 1716.  Voilà donc une autre seigneurie de la Côte-du-Sud liée aux Couillard. 

Classée monument historique, l’église Notre-Dame-de-Bonsecours date de 1768.

Source de la photo : Site web de la Société historique de la Côte-du-Sud

Il faut attendre en 1700 pour qu’une paroisse religieuse soit crée.  Une première église est construite et Mgr de Saint-Vallier la bénit le 22 août.  En 1705, Jean-Baptiste Couillard Després, le fils de Jacques Couillard Després, prend possession d’une partie des terres de sa tante Geneviève.  Il devient ainsi coseigneur de la seigneurie L’Islet-Saint-Jean.  Lorsque le père de Jean-Baptiste décède, ce dernier renonce à sa part d’héritage pour éviter le morcellement des terres.  Il continue donc le défrichement des terres de L’Islet.  Son fils Emmanuel, le père de Julie, naît sur cette seigneurie en mai 1738.

En novembre 1776, Julie est baptisée dans l’église Notre-Dame-de-Bonsecours.  Plus tard, elle rencontre Philip qu’elle épouse en 1792.  Après leur mariage, ils habitent l’Islet probablement jusqu’en 1794.  Cette année là, Julie accouche d’un premier enfant, Marie Julie.  Partis s’établir à l’Île-Verte, on les retrouvent à nouveau à l’Islet entre 1806 et 1808.  C’est à cette époque que deux autres enfants de Philip et Julie naissent, Philippe et Emmanuel.


Île-Verte

L’Île-Verte ou L’Isle-Verte ?  L’un est une île et l’autre est situé sur les rives du Saint-Laurent.  Les deux sont habités.  L’Isle-Verte est aussi connu sous le nom de l’Islet-du-Portage.

Seigneurie L’Islet-du-Portage

Source : Gilles Long, Depuis Québec jusqu'à Clair, (avant p81)

Lequel des deux endroits fut habité par la famille Long vers 1795 ?  Le prêtre qui a baptisé trois enfants de Philip, Judith, un enfant anonyme et Constance, inscrit les naissances dans le registre de L’Île-Verte.

L’Île-Verte doit son appellation à Jacques Cartier qui la décrit, en 1535, comme une île toute verte.  Champlain y fait référence à trois reprises dans ses écrits et les Jésuites en font état en 1664 dans les »Relations».  Située en face de la seigneurie de L’Islet-du-Portage, L’Île-Verte est concédée en seigneurie en 1686 à Charles Aubert de la Chesnaye, époux de Catherine Couillard, la fille de Guillaume Couillard.  Il ne la met pas en valeur.  Peter Fraser, un Écossais, acquiert le droit de s’établir sur l’île en 1764.  Nous sommes au lendemain de la Conquête, et seuls des Britanniques ont le droit d’acheter des terres.  L’arrivée de cet Écossais marque les débuts de la colonisation.  Pour accéder à l’île en hiver, on passe sur un pont de glace.  En été, on emprunte les bateaux des pêcheurs.  En août, la marée reste basse et on peut traverser à pied dans une grande mare de boue.

Et si Philip avait plutôt installé sa famille à L’Isle-Verte, quel aurait été leur environnement ?  Son histoire se confond avec celle de L’Île-Verte.  Le village riverain aux espaces verdoyants tire son nom de l’île.  C’est en 1653 que la seigneurie est d’abord concédée à Louis de Lauzon, fils du gouverneur de la Nouvelle-France.  Puis, en 1663, elle passe aux mains de Louis Couillard de Lespinay, fils de Guillaume.  Différents seigneurs se succèdent jusqu’à ce qu’en 1711 elle soit acquise par Jean-Baptiste Côté.  Son développement agricole est dû à ce seigneur et se continue pendant près d’un siècle.  Des registres sont tenus dès 1766, et en 1783 on a construit une petite chapelle.  C’est peut-être là que sont baptisés les enfants de Philip. 


Rivière-du-Loup

Sept ans après la fondation de Québec, soit en 1615, le père Chrestien Le Clercq fait mention des missionnaires qui visitent la Gaspésie et la Rivière-du-Loup.  Le 23 décembre 1673, la compagnie des Indes Occidentales concède le territoire à son agent, Charles Aubert de la Chesnaye.  C’est ainsi que se crée la seigneurie de la Rivière-du Loup.  Rappelons que Charles est le gendre de Guillaume Couillard.  Le 20 juillet 1763, la seigneurie passe aux mains de James Murray, premier gouverneur sous le Régime britannique.  En 1802, elle est revendue à Alexander Fraser.

Lorsque le nombre d’habitants était suffisant, les autorités religieuses créaient une paroisse.  C’est ainsi qu’en 1791, Saint-André de Kamouraska est créée.  Cette paroisse s’étend sur trois seigneuries, celle de Rivière-du-Loup, celle de L’Isle-Verte et celle de Rivière-des-Caps.  Au sud-ouest, elle est bornée par la seigneurie de Kamouraska.

Quelques années plus tard, aux environs de 1799-1800, la famille Long est établie dans la seigneurie de Rivière-du-Loup.  On assiste alors à la naissance d’un cinquième enfant dans la famille.  Jean-Baptiste naît dans la soirée du 28 septembre 1800 et est baptisé le lendemain à l’église Saint-André.

 

 

 

 

 

 

L’église Saint-André de Kamouraska au centre du Village.

Source de la photo : Kamouraska.com


Québec

Québec est d’abord le lieu où Philip et Julie se sont mariés le 6 décembre 1792.  Comme l’acte de mariage est conservé à la cathédrale anglicane Holy Trinity, on a longtemps crû qu’ils s’y étaient mariés.  Cette église fut construite en 1804 sur l’emplacement de l’église des Récollets incendié le 6 septembre 1796.  C’est dans cette église que nos ancêtres se sont mariés.

 

 

 

 

 

Chapelle des Récollets (source: site web)

Tableau du 18e siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 La chapelle des Récollets

Place d’Armes à Québec

Source : Cathédrale Holy Trinity de Québec, feuillet touristique gracieusement fourni par Lorenzo Lang

Après la Conquête, les Anglais ne permirent pas aux Récollets de recruter des prêtres.  Au fur et à mesure des décès, cette communauté s’est donc éteinte.  Dès 1763, les autorités britanniques confisquèrent leurs biens.  La chapelle ou église des Récollets de Québec comme celle de Trois-Rivières servit donc aux Anglais.

Mais revenons à Philip et Julie.  C’est le début du 19e siècle et Québec est la capitale du Bas-Canada créé en 1792 par l’Acte Constitutionnel.   Philip y installe sa famille.  On peut raisonnablement croire qu’ils vivent à la Basse-ville car leur fils Édouard Narcisse, en 1803, et leur fille Julie Hortance, en 1805, sont baptisés à l’église Notre-Dame.  L’ancêtre de Julie, Guillaume Couillard, a possédé le fief du Sault-au-Matelot situé à Québec.  Sa veuve Guillemette Hébert l’a vendu à Mgr François de Laval, 1er évêque de la Nouvelle-France, pour la construction du Petit Séminaire.

Le début du 19e siècle est aussi l’époque des guerres napoléoniennes.  Les Britanniques fortifient Québec en construisant la Citadelle et quatre tours, dites Tour Martello.  Ils s’assurent également de protéger les communications entre Québec et Fredericton.  L’histoire de Philip se poursuit donc dans la seigneurie de Madawaska  (ne pas confondre avec le comté de Madawaska au Nouveau-Brunswick).


La seigneurie de Madawaska

Voici un autre territoire acquis par le gendre de Guillaume Couillard, Charles Aubert de la Chesnaye.  C’est en 1683 que Charles prend possession de cette seigneurie pour ses enfants Antoine et Angélique.  Elle s’étend de chaque côté de la rivière Madawaska, du lac Témiscouata jusqu’à mi-chemin entre le lac et le fleuve Saint-Jean.

Le premier sentier reliant l’Acadie au Canada est alors construit.  En 1746, on donne l’ordre de construire un chemin d’à peine quelques pieds de large entre Rivière-du-Loup et le lac Témiscouata.  Puis, avec la Conquête, la seigneurie devient la propriété de James Murray, 1er gouverneur britannique.  En 1783, le gouverneur Haldimand ordonne l’élargissement du sentier à douze pieds (environ 4,5m).  Les autorités britanniques  décidèrent que la seule façon de maintenir un entretien efficace du sentier était d’y établir des «colons-militaires».

Le tout premier résident permanent du Témiscouata est donc un ancien militaire et courrier du Roi.  C’est à la demande expresse du gouverneur Craig que Philip Long vient y établir sa famille dès 1809.  Ce n’est que cinq ans plus tard que les colons-militaires arrivent au Lac Témiscouata et y demeurent jusqu’en 1828, année ou l’armée abandonne cette expérience.  En 1802, Alexandre Fraser a fait l’acquisition de la seigneurie et il sera le premier à la morceler.  De 1823 à 1835, il s’établit sur les rives du lac Témiscouata dans les limites actuelles de Cabano.  Dès 1831, quatre familles sont établies autour du lac.

Quant à Philip, depuis son installation à la tête du lac, la famille s’est agrandie de quatre enfants : Georges en 1809, Romain en 1811, Suzanne en 1813 et le dernier de la famille, Michel en 1820.  Il n’y pas d’église au lac Témiscouata, et traverser le portage avec des nouveaux-nés est impensable.  Les enfants sont alors baptisés à Saint-Basile, dans le Madawaska du Nouveau-Brunswick.  Il semble que la vie fut très difficile sur les bords du lac.  La famille a plus d’une fois souffert de la faim.  Quoi qu’il en soit, elle demeure dans cette région jusqu’en 1828.


Clair

Clair, petit village du Madawaska en bordure du fleuve Saint-Jean, est habité par plusieurs familles bien des années avant d'être fondé officiellement en 1889.  Village frontalier, il est situé en face de Fort Kent, lequel a été construit par les États-Unis lors des conflits concernant les frontières afin d'y loger les troupes américaines.

Il semble que parmi les premières familles  à s'y installer il y avait celle de Philip Long avec son épouse, Julie Couillard Després, et ses plus jeunes fils. Ils vivaient près du fleuve, un lieu appelé La Décharge, en face de la rivière Fish.

À la suite de l’incendie de 1886 détruisant l’église rouge de Saint-François, Mgr James Rogers, évêque de Chatham, autorisa la construction d’une église à Saint-François du Milieu, aujourd’hui Clair.  Il y célébra la première messe le 27 octobre 1888.  Il n'y avait pas alors de curé résident, et la paroisse demeura une mission jusqu'en 1895.

    

 

Église Saint-François d'Assise de Clair 

Source : Mgr Ernest Lang, Mon ancêtre Philip Long, page 97.

Le nom de Clair est associé à la venue du chemin de fer, le Témiscouata Railway.  En 1890, le terrain sur lequel était bâtie la gare appartenait à Thomas Clair.  On la nomma «Clair's» et on baptisa le village du même nom.  Les grands-parents de Thomas Clair étaient originaires de la baie de Shannon, dans le comté de Clare, en Irlande. 

Clair est également reconnu comme étant le berceau de la famille des Long et des Lang. 

Sources : 


Texte de Doris Long

2004-02-04

Sources : Depuis Québec jusqu’à Clair de Gilles Long

Cathédrale anglicane Holy Trinity

                Rapport de Joseph Bouchette, arpenteur-géomètre, 1815

                Site web Patrimoine religieux

      Société historique de la Côte-du-Sud

      Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup

                Société d’histoire et d’archéologie du Témiscouata

Mgr Ernest Lang.  Mon ancêtre Philip Long. 139 pages.

Lise Pelletier Long, rédactrice.  Paroisse Saint-François d’Assise (Clair) 1889-1989.  174 pages.

 

 

 

     

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