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Article de Robert Pichette dans Le Madawaska, le 17 juillet 1958, intitulé "Le Courrier Phillip Long".

Source: Ghislain Long

 

Cet Article fût un grand pas d'avant pour la recherche sur l'histoire de Philip Long.  Robert Pichette, archiviste à Ottawa, a mis à jour une foule d'information sur la vie de Philip Long.  Cette information a servi de pierre angulaire pour Mgr. Lang dans sa recherche et mena à la rédaction de son livre, Mon ancêtre Phillip Long.

Nous reproduisons ici les images et le texte intégral de cet important article.

Article by Robert Pichette in Le Madawaska, dated July 17, 1958, and intitled "Le Courrier Phillip Long".

Source: Ghislain Long

 

This article was a great first step in the research in the life of Philip Long.  As an aricivist from Ottawa, Robert was able to bring to light new information on our ancestors' life and times.  Mgr. Lang used this article as a great foundation for his own work that led to the publication of his famous book.

We reproduce here the images and text of this seminal article.

 

 

Le Madawaska, Edmundston, le 7 juillet, 1958

 

Le Courrier Phillip Long

 

par J.A. Robert Pichette

 

Photo - La Ferme de Phillip Long à l'embouchure du lac Témiscouata

 

     Il est difficile pour le voyageur moderne, roulant sur une route bien asphaltée dans une automobile dernier cri de s'imaginer avec quelles peines et au prix de quels sacrifices le voyageur d'antan réussissait à accomplir le long trajet de Fredericton à Rivière-du-Loup.  Pourtant, il y eut des hommes assez courageux pour ne pas dire assez téméraires - pour accomplir ce trajet régulièrement ou du moins aussi régulièrement que le permettaient les rivières et les ruisseaux débordés, les forêts encore vierges, les cloaques grossis par les pluies torrentielles du printemps et les sentiers défoncés qui constituaient alors la route de Rivière-du Loup à Fredericton: route mieux connue sous le nom de PORTAGE.

     Cette route qui n'en n'était pas une, mais un simple sentier entrecoupé de rivières et de lacs, avait été faite sous le Régime français.  Elle constituait alors le seul lien entre l'Acadie et la Nouvelle France; lien terrestre il va sans dire.  De ce fait, l'humble route du Portage prit une importance qu’elle ne perdit jamais, assurant la liaison la plus rapide entre Québec et l’Acadie puis entre le Bas-Canada et le Nouveau-Brunswick.

     C’est au prix énorme de 700 livres françaises que l’Intendant Bigot avait fait réparer la route du Portage entre Rivière-du-Loup et le lac Témiscouata.  Bigot connaissait l’importance stratégique de cette route lorsqu’il y établit « deux gardiens avec un petit magasin à vivres où les courriers, qui nous reviennent de Chédaique (SHEDIAC) et de la rivière Saint-Jean en prenant lorsqu’ils vont et viennent …. » 1

    Écrire l’histoire du Portage du Témiscouata serait écrire des pages pleines d’héroïsme, de sacrifices et aussi de misères atroces et indescriptibles.  Ce serait parler d’hommes dont le courage était plus grand que le lit de rivières et des lacs qu’ils traversaient presque quotidiennement, dont les bras étaient plus forts que les arbres trois fois centenaires du Témiscouata; d’hommes enfin qui arrosèrent de leur sueur, et parfois même de leur sang, les sentiers à peine battus du Portage, tant il est vrai que l’héroïsme journalier n’est plus pour celui qui le pratique, une vertu, mais un fait divers.

     Phillip Long, qui a laissé une belle et distinguée descendance au Madawaska était l’un de ces hommes.  Long était probablement un vétéran des guerres européennes.  Un fait est certain, Phillip Long en arrivant au Canada n’était pas marié puisqu’il épousa une Canadienne-Française, Marie-Julie Couillard-Després.  Madame Long, qui portait un nom noble et illustre au Canada-Français, épousa peut-être Philip (sic) Long à Saint-Thomas-de-Montmagny puisque la famille Couillard était déjà établie dans cette paroisse dont elle était seigneur depuis de nombreuses générations.  Il a été assez difficile de trouver le nom véritable de l’épouse de Long car l’orthographe des noms à cette époque était laissée au curé, les gens ne sachant pas toujours écrire.  De là, une certaine confusion.  Ainsi, l’abbé J.-B. Kelly, missionnaire, baptisait à St-Basile, le 26 novembre 1809, Georges-Edouard Lang, qui est dit dans les registres entre le fils légitime de Julie DUPRE.  Dans cet acte, aucune mention n’est faite du père.  Le 23 juin 1811, l’abbé Louis Raby, baptisait sous condition Romain Lang, qui cette fois est dit « ne le huit avril dernier du légitime mariage de Philippe Lang demeurant au lac Temiskouata et de Marie Julie Depre. «   L’acte ajoute que le « parrain a été Jacques Cyr et la marraine Josephte Daigle-Hébert qui ainsi que la mère, n’ont signé. »  Puis, le 4 octobre 1813, l’abbé Raby bénissait l’union de Pierre Beaudry, fils de Thomas et de Marie-Cecile Pigeon, avec Constance Lang, fille de Phillip et de Marie-Julie Couillard-Després.  C’est le seul acte aux registres de Saint-Basile que je connaisse et qui porte le nom Couillard-Després sans équivoque, quoiqu’il soit possible qu’il y en ait d’autres que je n’ai pas vus.  Même l’acte de sépulture de Phillip Long, fait par l’abbé R. Mercier, le 29 décembre 1832, porte la mention Julie-Marie Depre. 2  Il est a remarqué que l’ancêtre des familles Long et Lang du Madawaska signait PHILLIP LONG nonobstant l’orthographe que lui prête l’abbé Raby et autres missionnaires et curés.

     Phillip Long vint s’établir à l’extrémité est du «Lac Témiscouata en 1809, à la requête de l’Assistant-Maître de Poste du Bas-Canada, Hugh Finlay.  Long devait se fixer à cet endroit et faciliter la tâche des courriers du gouvernement qui faisaient la navette entre le Bas-Canada et le Nouveau-Brunswick.  Pour ses services, le gouvernement lui accordait 2 shillings par jour. 3  

     Long n’étaient pas l’unique habitant du Portage; le gouvernement y avait aussi établi des soldats en demi-solde du 4th ROYAL BATTALION dont l’existence au Témiscouata fût marqué de douloureuses infortunes.  Ils y avaient été établis pour la même raison que Long et peut-être aussi dans le but de tenter un essai de colonisation dans cette région désolée et jusqu’alors inhabitée.

    Cette partie du Témiscouata faisait partie de la seigneurie de Rivière-du-Loup.  Or, il appert à la lecture des mémoires et des lettres gouvernementales de l’époque, (voir la note 3), que Phillip Long n’avait jamais obtenus de titre de propriété du seigneur Alexandre Fraser, quoique celui-ci ait souvent promis de lui en donner un.  Toutefois, le seigneur Fraser assura le gouvernement que Long ne serait jamais inquièté dans la possession de sa ferme, et, ce, qui plus est, ne serait pas requis de payer les cens et rentes seigneuriales. Ces cens et rentes ne représentaient pas une grosse somme, mais il est certain que la très modeste pension versée à Long par le gouvernement n’aurait pas suffi à ce dernier pour acquitter ses droits envers son seigneur.  Si Fraser était prêt a ne pas réclamer de Long qu’il lui versa les cens et rentes coutumières, il exigeait toutefois que ses héritiers le fassent advenant leur établissement permanent sur la terre paternelle.

     Toujours conscient de l’importance stratégique du Portage, particulièrement lors de la guerre de 1812, le gouvernement avait fait refaire la route militaire du Témiscouata en 1813, sous la gouverne du Grand Voyer, Monsieur d’Estimauville de Beaumouchel.  À cette époque, le Colonel Joseph Bouchette visita la région du Témiscouata et nous laissa une excellente description de la ferme de Long :  « …. At this spot so far removed from the habitations of man and the pleasures of Society », écrit-il, « the farm though but an humble one, becomes an object of considerable interest : it consists only of a cottage, a barn, and two or three small out houses, surrounded by a few cultivated fields and a garden. »  4

     La vignette qui accompagne cet article est un dessin de Bouchette et représente la ferme de Phillip Long telle que décrite ci-haut par l’illustre topographe.  Déjà en 1813 ou 1814, Long avait une grosse famille puisque Bouchette écrit encore : - « Long … has a large family : himself and his sons are the ferrymen of the Lake, and have always bark canoes read to take passengers from one side to the other … ».

     Long avait aussi défriché un autre terrain à la rivière Cabano, trois milles plus bas que sa résidence.  Il gardait ce terrain pour le donner soit à son gendre, soit à son fils aîné.  Un rapport du gouvernement nous apprend aussi que le gendre de Long, Pierre Matelot, sa femme et leurs trois enfants désiraient s’établir sur la rivière Perche, à un mile et demi du présent village de Ste-Rose du Dégelé à la condition toutefois que Matelot reçoive une pension et le titre de sa propriété au bout de trois ans de résidence.  (Voir note 3).

     Nous connaissons peu de choses sur le compte de Phillip Long si ce n’est ses démêlers avec d’autres courriers du gouvernement.  Ces démêlers ne sont rien de plus que trois dépositions, un mémoire du Maître de Poste de Fredericton, voilà les seuls documents relatifs à Long que j’ai pu retracer aux Archives publiques du Canada, à Ottawa.  Ces documents forment un chapitre fort intéressant de notre petite histoire et méritent qu’on les étudie un peu.

     Par son travail et sa ténacité, Long s’était taillé un beau domaine dans la forêt du Témiscouata et il est possible qu’il ait fait des jaloux, nous n’en saurons jamais rien.  Mais au mois de septembre 1816, Phillip Long était accusé d’avoir détenu sans raison la Poste Royale, par le lieutenant James Hincks du 4th Royal Veteran Battalion, Surintendant des colons établis au Portage de Témiscouata.  Malgré toutes mes recherches, je n’ai pu retrouver la plainte formulée par Hincks contre Long, mais ce dernier répondit aux accusations de Hincks par un mémoire adressé au Gouverneur-Général qu’il semble avoir connu personnellement et depuis longtemps.  5  Le texte de cette pétition est reproduit in extenso ici.

Head of Lake Tammasquatta 4th Sept 1816

May it please your Excellency,

      To Excuse the Liberty of my adrefsing you as I have been Informed by good Authority that Lieut James Hincks of the 4th Royal Veteran Batalion have made a most Sevear Complaint of me, which I can prouve by good proofs and I trust to your Satisfaction and the Satisfaction of Every Gentlemen which I have any businefs with that they are Entirely without foundation Except Malice.

      The only reason which he can have for any complaint against me is, when he arrived at the Lake with Settlers' provisions he Desired me to Convey Some of them to Salmon River, I had then Just arrived from Frederikton with provisions for my family and had Damaged my canoe So much as not to be Safe trust myself and the Kings property in which I should have been ready to Do had it been in my power but any man that had any Reason would have Excused.

     It his well known by a great many Respectable people how much I have Done and Suffered Since the year 1775 for my King and Country which reduced me to the Situation I am in at present which is to Long to Detail in any Letter, but I hope your Excellency will think only of me as a men of 26 or 30 years acquaintance, of my Conduct will report of me, as to Mail remaining in my house is false which I can prove it never Remained one Day if that it is my Orders and my Duty to take profsesion of and cary it forward Either up or Down which I Surely have Done.

Your Excellency’s Most obedient humble Servant,

Philip Long

      Il résulte de la lecture de ce mémoire que Hincks avait porté deux accusations également graves contre Long : la première était d’avoir refuse de transporter des marchandises pour les colons du Portage, la seconde d’avoir refusé de transporter la Poste.  Je n’ai pu retrouver la lettre de Hincks, et le mémoire de Phillip Long ne donne pas beaucoup de détails, mais trois dépositions nous en apprennent plus long sur cette affaire.  Ainsi, le 23 septembre suivant, Henri Tardif, et Charles D. Beaulieu, deux courriers, signaient devant Louis M. Mercure, à Grande-Isle, chacun une déposition supportant vraisemblablement les accusations portées par le lieutenant Hincks.

     Charles Beaulieu étais le courrier transportant la poste de Québec à Madawaska tandis que Tardif transporte la poste de Fredericton à Madawaska, à cet endroit, la poste changeait de main et les deux courriers repartant, l’un pour Québec, l’autre pour Fredericton.  Au mois de mai 1816, Charles Beaulieu se mit en route de Québec pour rencontrer son collègue Tardif.  Rendu à la rivière du Bouleau Blanc, Beaulieu rencontra Long accompagne de l’un de ses gendres qui revenaient semble-t-il de Fredericton si l’on croit Long.  Beaulieu requit Long et son compagnon de route de l’aider à transporter la poste, qui consistait en trois sacs de dépêches, jusqu’au Portage.  Long refusa, alléguant que son canot était endommagé.  Toutefois, il semble qu’il accompagna Beaulieu jusqu'à la rivière à la Truite ou Beaulieu aurait pu trouver quelqu’un qui l’aurait aidé à traverser le Portage, sans doute rendu impassible et dangereux par la crue des eaux.  Trois soldats étaient alors établis à ce poste; le Sergent Francis Macdonald et les soldats Lewis Stripman et Joseph Banner.  6   C’est sans doute à eux que Tardif référait dans sa déposition lorsqu’il écrivait : - « … that on returning to the Trout River, Mr. Long, with but a very short stay, continued his way without waiting to know whether the said English Mail would be taken forward by the assistance of any one of the soldiers or not. »  La déposition de Beaulieu, témoigne de toute l’affaire est sensiblement la même que celle faite par Tardif.  Mais il est a remarquer que Beaulieu insiste lui aussi sur le fait que Long, une fois rendue à la Riviere-a-la-Truite, semblait bien pressé de retourner chez lui : - «  that on my coming to the Trout River, Mr. Long stopped a short time and went in his way, without himself making or knowing what agreement might be made for the gentleman of said English Mail. » (Tardif)

     Voilà qui nous renseigne sur un chef d’accusation, passons au second.  Le 29 septembre suivant, Francois Robichaud déposa devant témoin : - « that when doing the duty of conductor in forwarding the provisions across the Portage to the several settlements in New Brunswick, that Wm Long as well as his son in law, did in the month of July last, refuse to cary a few barrels of provisions from the Head of the Lake Temisquata to these settlers, although Mr. Long well knew the perishable state in which the flour was, from the wet it received on its way through the Portage and that the said provisions lay there, and that neither Mr. Long nor his so in law would carry it though repeatedly asked to do so by Lieutenant James Hincks for payments.”

     Le Maître de Poste de Québec, H.-Y. Cowan, fût chargé par le Lieutenant-Colonel Addision, Secrétaire du cabinet militaire du Gouverneur, de faire enquête sur ces plaintes auprès de Andrew Phair, Maître de Poste àa Fredericton.

     Monsieur Phair entretenait une haute opinion de Phillip Long et en parcourant sa réponse à son collègue de Quebec, datée du 31 octobre 1816, il est aise de se rendre compte qu’il ne croyait pas un mot de ce qu’avançait le Lieutenant Hincks.  Phair écrivait que « …from the knowledge I have of P. Long for many years, I do not think he would be guilty of any charges preferred against him, particularly that for detaining the Mail, I have had many reasons for supposing that the late Deputy Post Master General was perfectly satisfied with his conduct respecting the Mails.  Several Military Gentlemen from Canada have been a to my house and I have heard them mentions the aid given them by P. Long.”

     Ce témoignage est tout à l’honneur de Phillip Long et semble l’exonérer de tout blâme.  Phair poursuivit en s’étonnant qu’une plainte aussi grave que celle proférée a l’endroit de Long ne lui ait pas été communiquée plus tôt « when a timely investigation would have taken place, instead of letting it lay over until the month of September, when the circumstances could no be so well enquired into. “”  Quant aux dépositions de Chareles Beaulieu, Henri Tardif et Francois Robichaud, Phair ne semble pas y avoir attaché trop d’importance écrivant qu’il ne connaissait pas Beaulieu et Tardif, sauf qu’il était informé que Beaulieu avait été employée temporairement, par son Bureau de Poste durant quelques hivers seulement et que Tardif  était effectivement un courrier a son emploi.  Il ne mentionne pas Robichaud qui ne travaillait pas pour lui.

     Andrew Phair ajouta le post scriptum suivant à sa réponse :  On mentioning to Lieut. Col. Hailes the complaints drawn up by Lieut. Hincks against P. Long he authorized me to say that in the year 1810, when on his way to Canada, and returning, he found Long very attentive to what he required, and that he always understood the Public were well satisfied with his conduct.”

     H.-Y. Cowan, le Maître de Poste a Quebec, dût être impressionner par le témoignage de son confrère de Fredericton, car le 21 novembre suivant, il avisait le Lieutenant Colonel Addision de la réponse de Phair et ajoutait: - “…and I should hope that the good opinion he (Phair) entertains of him, may induce His Excllency the Governor in chief, to consider P. Long as still deserving the allowance granted him of 2 shillings a day from the Military Chest.”  Somme toute, Long sortait de cette épreuve grandie dans la confiance don’t l’honorait ses supérieurs.  Il ne manquait plus que l’approbabition du Gouverneur, approbation qui fut donnée au haut même de la lettre écrite par Cowan : - « Explanation has appeared satisfactory to His Excellency », ce qui prouve que Long connaissait le Gouverneur depuis longtemps pour qu’un si haut personnage s’occupe de lui.  L’approbation du Gouverneur mit un terme a l’affaire et il semble que Long soit vite tombe dans l’oubli, du moins pour ce qui est des archives, car il n’y a pas une autre lettre ou document qui le concerne dans les Archives publiques du Canada, du moins aucune que je connaisse.

     Les peuples heureux n’ont pas d’histoire disons nous souvent : il en est de même pour les gens heureux.  Phillip Long continua sa vie de pénible labeur et mourut à l’âge vénérable de 90 ans, ou presque, le 26 décembre 1832.  Il fut inhumé dans le cimetière de Sainte-Luce le 29 décembre suivant par l’abbé R. Mercier, cure de Saint-Basile.

J.-A. Robert Pichette

Edmundston, N.-B.

Le 4 mai 1958

 

1         Bigot au ministre, Rapport des Archives du Canada, 1905, vol. 2, p.p. 318-319

2         Les actes de mariages, de baptême et de sépultures citent au cours de cet article on été copies par l’auteur, avec la permission de Monsieur l’abbé Ernest Lang, cure de St-Basile, le 22 août 1954.

3         Archives Publiques du Canada, Statement, of the Stations occupied by Pensionners who were placed on the Line of Communications between the Rivière du Loup and Madawaska with the Present state of their Farms and Families Including such Stations as it is Recommended to put additional Settlers on Quebec, 10 August, 1823.

4         A Topographical description of the Province of Lower Canada with Remarks upon Upper Canada and on the Relative Connection of Both Provicnes with the United States of America; by Joseph Bouchette, Esq., Surveyor-General of Lower Canada, and Lt. Col., CM, London, 1815, p. 540.

5         Archives publiques du Canada, Série, C, Settlers, vol. 622, p. 169.  (Les dépositions de Beaulieu, Tardif et Robichaud ainse que la lettre de Andrew Phair et celle de H.-Y. Cowan sont extraites de la même série et du même volume)

6         Archives publiques du Canada, Nominal List of Non Commisioned Officers and Men of a Detachment Late 4th Royal Veteran Battalion settled on the Line of Communications to New Brunswick with the number of their Families and Stations, Quebec, 3rd May, 1817.