| Le Madawaska, Edmundston,
le 7 juillet, 1958
Le Courrier Phillip Long
par J.A. Robert Pichette
Photo - La Ferme de Phillip Long à l'embouchure du lac Témiscouata
Il
est difficile pour le voyageur moderne, roulant sur une route bien
asphaltée dans une automobile dernier cri de s'imaginer avec quelles
peines et au prix de quels sacrifices le voyageur d'antan réussissait à
accomplir le long trajet de Fredericton à Rivière-du-Loup. Pourtant, il
y eut des hommes assez courageux pour ne pas dire assez téméraires -
pour accomplir ce trajet régulièrement ou du moins aussi régulièrement
que le permettaient les rivières et les ruisseaux débordés, les forêts
encore vierges, les cloaques grossis par les pluies torrentielles du
printemps et les sentiers défoncés qui constituaient alors la route de
Rivière-du Loup à Fredericton: route mieux connue sous le nom de
PORTAGE.
Cette route qui n'en n'était pas une, mais un simple sentier entrecoupé
de rivières et de lacs, avait été faite sous le Régime français. Elle
constituait alors le seul lien entre l'Acadie et la Nouvelle France;
lien terrestre il va sans dire. De ce fait, l'humble route du Portage
prit une importance qu’elle ne perdit jamais, assurant la liaison la
plus rapide entre Québec et l’Acadie puis entre le Bas-Canada et le
Nouveau-Brunswick.
C’est au prix énorme de 700 livres françaises que l’Intendant Bigot
avait fait réparer la route du Portage entre Rivière-du-Loup et le lac
Témiscouata. Bigot connaissait l’importance stratégique de cette route
lorsqu’il y établit « deux gardiens avec un petit magasin à vivres où
les courriers, qui nous reviennent de Chédaique (SHEDIAC) et de la
rivière Saint-Jean en prenant lorsqu’ils vont et viennent …. » 1
Écrire l’histoire du Portage du Témiscouata serait écrire des pages
pleines d’héroïsme, de sacrifices et aussi de misères atroces et
indescriptibles. Ce serait parler d’hommes dont le courage était plus
grand que le lit de rivières et des lacs qu’ils traversaient presque
quotidiennement, dont les bras étaient plus forts que les arbres trois
fois centenaires du Témiscouata; d’hommes enfin qui arrosèrent de leur
sueur, et parfois même de leur sang, les sentiers à peine battus du
Portage, tant il est vrai que l’héroïsme journalier n’est plus pour celui qui le pratique, une vertu, mais un fait divers.
Phillip Long, qui a laissé une belle et distinguée descendance au Madawaska était l’un de ces hommes. Long était probablement un vétéran
des guerres européennes. Un fait est certain, Phillip Long en arrivant
au Canada n’était pas marié puisqu’il épousa une Canadienne-Française,
Marie-Julie Couillard-Després. Madame Long, qui portait un nom noble et
illustre au Canada-Français, épousa peut-être Philip (sic) Long à
Saint-Thomas-de-Montmagny puisque la famille Couillard était déjà
établie dans cette paroisse dont elle était seigneur depuis de
nombreuses générations. Il a été assez difficile de trouver le nom
véritable de l’épouse de Long car l’orthographe des noms à cette époque
était laissée au curé, les gens ne sachant pas toujours écrire. De là,
une certaine confusion. Ainsi, l’abbé J.-B. Kelly, missionnaire,
baptisait à St-Basile, le 26 novembre 1809, Georges-Edouard Lang, qui
est dit dans les registres entre le fils légitime de Julie DUPRE. Dans
cet acte, aucune mention n’est faite du père. Le 23 juin 1811, l’abbé
Louis Raby, baptisait sous condition Romain Lang, qui cette fois est dit
« ne le huit avril dernier du légitime mariage de Philippe Lang
demeurant au lac Temiskouata et de Marie Julie Depre. « L’acte ajoute
que le « parrain a été Jacques Cyr et la marraine Josephte Daigle-Hébert
qui ainsi que la mère, n’ont signé. » Puis, le 4 octobre 1813, l’abbé Raby bénissait l’union de Pierre Beaudry, fils de Thomas et de
Marie-Cecile Pigeon, avec Constance Lang, fille de Phillip et de
Marie-Julie Couillard-Després. C’est le seul acte aux registres de
Saint-Basile que je connaisse et qui porte le nom Couillard-Després sans
équivoque, quoiqu’il soit possible qu’il y en ait d’autres que je n’ai
pas vus. Même l’acte de sépulture de Phillip Long, fait par l’abbé R.
Mercier, le 29 décembre 1832, porte la mention Julie-Marie Depre. 2
Il est a remarqué que l’ancêtre des familles Long et Lang du Madawaska
signait PHILLIP LONG nonobstant l’orthographe que lui prête l’abbé Raby
et autres missionnaires et curés.
Phillip Long vint s’établir à l’extrémité est du «Lac Témiscouata en
1809, à la requête de l’Assistant-Maître de Poste du Bas-Canada, Hugh
Finlay. Long devait se fixer à cet endroit et faciliter la tâche des
courriers du gouvernement qui faisaient la navette entre le Bas-Canada
et le Nouveau-Brunswick. Pour ses services, le gouvernement lui
accordait 2 shillings par jour. 3
Long n’étaient pas l’unique habitant du Portage; le gouvernement y avait
aussi établi des soldats en demi-solde du 4th ROYAL BATTALION dont
l’existence au Témiscouata fût marqué de douloureuses infortunes. Ils y
avaient été établis pour la même raison que Long et peut-être aussi dans
le but de tenter un essai de colonisation dans cette région désolée et
jusqu’alors inhabitée.
Cette partie du Témiscouata faisait partie de la seigneurie de
Rivière-du-Loup. Or, il appert à la lecture des mémoires et des lettres
gouvernementales de l’époque, (voir la note 3), que Phillip Long n’avait
jamais obtenus de titre de propriété du seigneur Alexandre Fraser,
quoique celui-ci ait souvent promis de lui en donner un. Toutefois, le
seigneur Fraser assura le gouvernement que Long ne serait jamais inquièté dans la possession de sa ferme, et, ce, qui plus est, ne serait
pas requis de payer les cens et rentes seigneuriales. Ces cens et rentes
ne représentaient pas une grosse somme, mais il est certain que la très
modeste pension versée à Long par le gouvernement n’aurait pas suffi à
ce dernier pour acquitter ses droits envers son seigneur. Si Fraser
était prêt a ne pas réclamer de Long qu’il lui versa les cens et rentes
coutumières, il exigeait toutefois que ses héritiers le fassent advenant
leur établissement permanent sur la terre paternelle.
Toujours conscient de l’importance stratégique du Portage,
particulièrement lors de la guerre de 1812, le gouvernement avait fait
refaire la route militaire du Témiscouata en 1813, sous la gouverne du
Grand Voyer, Monsieur d’Estimauville de Beaumouchel. À cette époque, le
Colonel Joseph Bouchette visita la région du Témiscouata et nous laissa
une excellente description de la ferme de Long : « ….
At this spot so far
removed from the habitations of man and the pleasures of Society »,
écrit-il, « the farm though but an humble one, becomes an object of
considerable interest : it consists only of a cottage, a barn, and two
or three small out houses, surrounded by a few cultivated fields and a
garden. »
4
La
vignette qui accompagne cet article est un dessin de Bouchette et
représente la ferme de Phillip Long telle que décrite ci-haut par
l’illustre topographe.
Déjà en 1813 ou 1814, Long avait une grosse famille puisque
Bouchette écrit encore : - « Long … has a large family : himself and his
sons are the ferrymen of the Lake, and have always bark canoes read to
take passengers from one side to the other … ».
Long avait
aussi défriché un autre terrain à la rivière Cabano, trois milles plus
bas que sa résidence. Il gardait ce terrain pour le donner soit à son
gendre, soit à son fils aîné. Un rapport du gouvernement nous apprend
aussi que le gendre de Long, Pierre Matelot, sa femme et leurs trois
enfants désiraient s’établir sur la rivière Perche, à un mile et demi du
présent village de Ste-Rose du Dégelé à la condition toutefois que
Matelot reçoive une pension et le titre de sa propriété au bout de trois
ans de résidence. (Voir note 3).
Nous connaissons peu de choses sur le compte de Phillip Long si ce n’est
ses démêlers avec d’autres courriers du gouvernement. Ces démêlers ne
sont rien de plus que trois dépositions, un mémoire du Maître de Poste
de Fredericton, voilà les seuls documents relatifs à Long que j’ai pu
retracer aux Archives publiques du Canada, à Ottawa. Ces documents
forment un chapitre fort intéressant de notre petite histoire et
méritent qu’on les étudie un peu.
Par son travail et sa ténacité, Long s’était taillé un beau domaine dans
la forêt du Témiscouata et il est possible qu’il ait fait des jaloux,
nous n’en saurons jamais rien. Mais au mois de septembre 1816, Phillip
Long était accusé d’avoir détenu sans raison la Poste Royale, par le
lieutenant James Hincks du 4th Royal Veteran Battalion, Surintendant des
colons établis au Portage de Témiscouata. Malgré toutes mes recherches,
je n’ai pu retrouver la plainte formulée par Hincks contre Long, mais ce
dernier répondit aux accusations de Hincks par un mémoire adressé au
Gouverneur-Général qu’il semble avoir connu personnellement et depuis
longtemps. 5 Le texte de cette pétition est reproduit in
extenso ici.
Head of Lake Tammasquatta 4th Sept 1816
May it please your Excellency,
To Excuse the Liberty of my adrefsing you as I have been
Informed by good Authority that Lieut James Hincks of the 4th Royal
Veteran Batalion have made a most Sevear Complaint of me, which I
can prouve by good proofs and I trust to your Satisfaction and the
Satisfaction of Every Gentlemen which I have any businefs with that
they are Entirely without foundation Except Malice.
The only reason which he can have for any complaint against me
is, when he arrived at the Lake with Settlers' provisions he Desired
me to Convey Some of them to Salmon River, I had then Just arrived
from Frederikton with provisions for my family and had Damaged my
canoe So much as not to be Safe trust myself and the Kings property
in which I should have been ready to Do had it been in my power but
any man that had any Reason would have Excused.
It his well known by a great many Respectable people how much I
have Done and Suffered Since the year 1775 for my King and Country
which reduced me to the Situation I am in at present which is to
Long to Detail in any Letter, but I hope your Excellency will think
only of me as a men of 26 or 30 years acquaintance, of my Conduct
will report of me, as to Mail remaining in my house is false which I
can prove it never Remained one Day if that it is my Orders and my
Duty to take profsesion of and cary it forward Either up or Down
which I Surely have Done.
Your Excellency’s Most obedient humble Servant,
Philip Long
Il
résulte de la lecture de ce mémoire que Hincks avait porté deux
accusations également graves contre Long : la première était d’avoir
refuse de transporter des marchandises pour les colons du Portage, la
seconde d’avoir refusé de transporter la Poste. Je n’ai pu retrouver la
lettre de Hincks, et le mémoire de Phillip Long ne donne pas beaucoup de
détails, mais trois dépositions nous en apprennent plus long sur cette
affaire. Ainsi, le 23 septembre suivant, Henri Tardif, et Charles D.
Beaulieu, deux courriers, signaient devant Louis M. Mercure, à
Grande-Isle, chacun une déposition supportant vraisemblablement les
accusations portées par le lieutenant Hincks.
Charles Beaulieu étais le courrier transportant la poste de Québec à Madawaska tandis que Tardif transporte la poste de Fredericton
à Madawaska, à cet endroit, la poste changeait de main et les deux
courriers repartant, l’un pour Québec, l’autre pour Fredericton. Au
mois de mai 1816, Charles Beaulieu se mit en route de Québec pour
rencontrer son collègue Tardif. Rendu à la rivière du Bouleau Blanc,
Beaulieu rencontra Long accompagne de l’un de ses gendres qui revenaient
semble-t-il de Fredericton si l’on croit Long. Beaulieu requit Long et
son compagnon de route de l’aider à transporter la poste, qui consistait
en trois sacs de dépêches, jusqu’au Portage. Long refusa, alléguant que
son canot était endommagé. Toutefois, il semble qu’il accompagna
Beaulieu jusqu'à la rivière à la Truite ou Beaulieu aurait pu trouver
quelqu’un qui l’aurait aidé à traverser le Portage, sans doute rendu
impassible et dangereux par la crue des eaux. Trois soldats étaient
alors établis à ce poste; le Sergent Francis Macdonald et les soldats
Lewis Stripman et Joseph Banner.
6
C’est sans doute à eux que Tardif référait dans sa déposition lorsqu’il
écrivait : - « … that on returning to the Trout River, Mr. Long, with
but a very short stay, continued his way without waiting to know whether
the said English Mail would be taken forward by the assistance of any
one of the soldiers or not. »
La
déposition de Beaulieu, témoigne de toute l’affaire est sensiblement la
même que celle faite par Tardif. Mais il est a remarquer que Beaulieu insiste lui aussi sur le fait
que Long, une fois rendue à la Riviere-a-la-Truite, semblait bien pressé
de retourner chez lui : - « that on my coming to the Trout River, Mr.
Long stopped a short time and went in his way, without himself making or
knowing what agreement might be made for the gentleman of said English
Mail. » (Tardif)
Voilà qui nous renseigne sur un chef d’accusation, passons au second. Le 29 septembre suivant, Francois Robichaud déposa devant témoin :
- « that when doing the duty of conductor in forwarding the provisions
across the Portage to the several settlements in New Brunswick, that Wm
Long as well as his son in law, did in the month of July last, refuse to cary a
few barrels of provisions from the Head of the Lake Temisquata to these
settlers, although Mr. Long well knew the perishable state in which the
flour was, from the wet it received on its way through the Portage and
that the said provisions lay there, and that neither Mr. Long nor his so
in law would carry it though repeatedly asked to do so by Lieutenant
James Hincks for payments.”
Le
Maître de Poste de Québec, H.-Y. Cowan, fût chargé par le Lieutenant-Colonel Addision, Secrétaire du cabinet militaire du
Gouverneur, de faire enquête sur ces plaintes auprès de Andrew Phair,
Maître de Poste àa Fredericton.
Monsieur Phair entretenait une haute opinion de Phillip Long et en
parcourant sa réponse à son collègue de Quebec, datée du 31 octobre
1816, il est aise de se rendre compte qu’il ne croyait pas un mot de ce
qu’avançait le Lieutenant Hincks.
Phair écrivait que « …from the knowledge I have of P. Long for many
years, I do not think he would be guilty of any charges preferred
against him, particularly that for detaining the Mail, I have had many
reasons for supposing that the late Deputy Post Master General was
perfectly satisfied with his conduct respecting the Mails. Several
Military Gentlemen from Canada have been a to my house and I have heard
them mentions the aid given them by P. Long.”
Ce
témoignage est tout à l’honneur de Phillip Long et semble l’exonérer de
tout blâme. Phair poursuivit en s’étonnant qu’une plainte aussi grave que celle
proférée a l’endroit de Long ne lui ait pas été communiquée plus tôt
« when a timely investigation would have taken place, instead of letting
it lay over until the month of September, when the circumstances could
no be so well enquired into.
“” Quant
aux dépositions de Chareles Beaulieu, Henri Tardif et Francois
Robichaud, Phair ne semble pas y avoir attaché trop d’importance
écrivant qu’il ne connaissait pas Beaulieu et Tardif, sauf qu’il était
informé que Beaulieu avait été employée temporairement, par son Bureau
de Poste durant quelques hivers seulement et que Tardif était
effectivement un courrier a son emploi. Il ne mentionne pas Robichaud
qui ne travaillait pas pour lui.
Andrew Phair ajouta le post scriptum suivant à sa réponse : On
mentioning to Lieut.
Col. Hailes the complaints
drawn up by Lieut. Hincks against P. Long he authorized me to say that
in the year 1810, when on his way to Canada, and returning, he found
Long very attentive to what he required, and that he always understood
the Public were well satisfied with his conduct.”
H.-Y. Cowan, le
Maître de Poste a Quebec, dût être impressionner par le témoignage de
son confrère de Fredericton, car le 21 novembre suivant, il avisait le
Lieutenant Colonel Addision de la réponse de Phair et ajoutait: - “…and
I should hope that the good opinion he (Phair) entertains of him, may
induce His Excllency the Governor in chief, to consider P. Long as still
deserving the allowance granted him of 2 shillings a day from the
Military Chest.”
Somme
toute, Long sortait de cette épreuve grandie dans la confiance don’t
l’honorait ses supérieurs. Il ne manquait plus que l’approbabition du
Gouverneur, approbation qui fut donnée au haut même de la lettre écrite
par Cowan : - « Explanation has appeared satisfactory to His Excellency »,
ce qui prouve que Long connaissait le Gouverneur depuis longtemps pour
qu’un si haut personnage s’occupe de lui. L’approbation du Gouverneur
mit un terme a l’affaire et il semble que Long soit vite tombe dans
l’oubli, du moins pour ce qui est des archives, car il n’y a pas une
autre lettre ou document qui le concerne dans les Archives publiques du
Canada, du moins aucune que je connaisse.
Les peuples heureux n’ont pas d’histoire disons nous souvent : il en est
de même pour les gens heureux. Phillip Long continua sa vie de pénible
labeur et mourut à l’âge vénérable de 90 ans, ou presque, le 26 décembre
1832. Il fut inhumé dans le cimetière de Sainte-Luce le 29 décembre
suivant par l’abbé R. Mercier, cure de Saint-Basile.
J.-A.
Robert Pichette
Edmundston, N.-B.
Le 4
mai 1958
1
Bigot au
ministre, Rapport des Archives du Canada, 1905, vol. 2, p.p. 318-319
2
Les actes
de mariages, de baptême et de sépultures citent au cours de cet article
on été copies par l’auteur, avec la permission de Monsieur l’abbé Ernest
Lang, cure de St-Basile, le 22 août 1954.
3
Archives Publiques du Canada, Statement, of the Stations occupied
by Pensionners who were placed on the Line of Communications between the
Rivière du Loup and Madawaska with the Present state of their Farms and
Families Including such Stations as it is Recommended to put additional
Settlers on Quebec, 10 August, 1823.
4
A Topographical description of the Province of Lower Canada with
Remarks upon Upper Canada and on the Relative Connection of Both
Provicnes with the United States of America; by Joseph Bouchette, Esq.,
Surveyor-General of Lower Canada, and Lt. Col., CM, London, 1815, p.
540.
5
Archives
publiques du Canada, Série, C, Settlers, vol. 622, p. 169. (Les
dépositions de Beaulieu, Tardif et Robichaud ainse que la lettre de
Andrew Phair et celle de H.-Y. Cowan sont extraites de la même série et
du même volume)
6
Archives publiques du Canada, Nominal List of Non Commisioned
Officers and Men of a Detachment Late 4th Royal Veteran Battalion
settled on the Line of Communications to New Brunswick with the number
of their Families and Stations, Quebec, 3rd May, 1817.
|