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Text
by Benoît Long
Note: Text is not yet translated but the
letters are in English and can be found further below.
Vous êtes
vous déjà demandé comment Philip Long avait choisi ses témoins pour son
mariage? Qui étaient ces hommes qui ont signé sur le contrat de mariage
comme témoins avec nos deux mariés?
Et bien un
de ces hommes, David Higgenbotham, avait probablement des liens très
étroits avec Philip. On peut même avancé l'hypothèse que Philip fut un
de ceux qui remplaça Higginbotham dans son travail qui avait rendu Higgenbotham connu du Gouverneur Haldimand, c'est-à-dire courrier.
Nous
avons découvert il y a de cela près de cinq à la bibliothèque Harriet
Irving de l'Université de Fredericton, un document d'une importance
primordiale pour comprendre l'historique du poste de relais à la tête du
lac Témiscouata. D'après Nive Voisine dans son étude sur l'Histoire du
Portage du Canada, le portage entre le Saint-Laurent et le lac
Témiscouata avait toujours été important, et pour les Français durant
leur règne, et pour les Britanniques après la conquête.
David
Higginbotham était courrier du roi, s'occupant de faire le transport du
courier. Nous avons appris par des documents cités plus bas que Higgenbotham était courrier entre la Nouvelle-Écosse et Québec. Nous
savons que celui-ci se distingua durant la guerre d'Indépendance
américaine vis-à-vis ses supérieurs, en particulier, Frederick Haldimand
qui était commandant en chef du Haut et Bas Canada à cette époque. Pour
récompense, Haldimand octroya des terres à la tête du lac Témiscouata
à Higgenbotham pour que celui-ci "s'y établissent et assurent le
transport des malles dans le Portage". Nous ne savons rien (pour le
moment) de Higgenbotham et combien de temps il a passé à faire cette
navette et à vivre à la tête du lac Témiscouata. Nous espérons que
d'autres recherches nous permettront de faire le point sur sa vie.
Par
contre, le fait qu'il fut donné un octroi eu des conséquences
importantes pour Philip Long.
Premièrement, la terre à la tête du lac Témiscouata devint un endroit
stratégique, encore plus avec la nécessité pour le gouvernement
britannique de garantir des voies de communications et de transports de
la malle en toute sécurité entre Halifax et le siège du conseil
militaire à Québec.
Nous apprenons par William
Smith dans son History of the Post Office in British North America que
"The stoppage of service to New York made it necessary to provide
otherwize for the maintenance of the connection with Great Britain." Un
peu plus loin, il affirme:
"At this period and for
a long time afterwards, this route presented many difficulties. It was
very long, and at certain seasons the natural obstacles in the way of
travel were nearly insuperable. The connecting links between the
Maritime provinces and Quebec were the portages between the waters
running into the St. Lawrence and those running into the St. John
river. Of those there sere several, but the one which was adopted rand
from Notre Dame du Portage, a few miles west of River du Loup, in
south-easterly direction until it reached lake Temiscouata."
Enfin,
nous apprenons dans un passage fort intéressant pourquoi Haldimand
récompensa Higgenbotham:
"Indeed, in January
1763, before the peace was signed, Haldimand had taken steps to
establish a road between Canada and Nova Scotia. He sent a surveyor
with two hundred men down to work on the Temiscouata portage, and at the
same time urged governor Parr of Nova Scotia to do what was necessary to
facilitate travel in his province.
Haldimand had observed
that a considerable part of the expense of a mail service by this route
arose from the extortionate charges for guides and forwarding, which
were made by the Acadians settled at Aupaque, a few miles above
Fredericton. His plan, therefore, was to father into his own hands all
the agencies for transportation on the route; and with that end in view,
he proposed to establish some experienced men at the head of lake
Temiscouata, with canoes and other facilities for travel, whose business
it should be to convey passengers and mail couriers across the lake,
down the Madawaska rivers, and on down the St. John river as far as
Grand Falls, where he intended to settle another post."
Ces
passages sont extraordinaires puisque nous apprenons l'importance
accordé au poste de relais à la tête du lac Témiscouata, et donc
l'importance du rôle que Philip et sa famille allait jouer plus tard.
Mais c'est aussi important pour une autre raison - pour réduire les
coûts du transports des malles, Haldimand allait mettre en place des
gens sous le contrôle du gouvernement, des gens de confiance, des
soldats et ou commerçant alliés à la couronne. Ce passage présage les
difficultés que Philip allait avoir avec les autres courriers Acadiens
avec cette histoire de "vol de sac de malle" ou plutôt "délai dans le
transport". Quelle histoire! Dans cette voie, on comprend mieux les
motivations du gouvernement a accordé, après tant d'années de
déplacements forcés, de permettre aux Acadiens de Aupaque, entre autres
des Cyrs qui furent nos ancêtres, à venir s'installer dans le
Madawaska. Voiçi ce qu'en dit Smith:
"From an Acadian
courier, named Mercure, whom Haldimand frequently employed to convey
despatches to Halifax, he learned that a number of Acadians desired to
take up land on the upper St. John, in order that they might be nearer
ministers of religion, in the parishes on the St. Lawrence. The plan
was to place these Acadians on the lands along the river from Grand
Falls up to lake Temiscouata, and it was hoped that the settlement thus
formed would extend eventually to the St. Lawrence."
Il est
donc clair que cette parcelle de terre sur laquelle Philip allait
s'établir en 1808 était stratégique pour les voies de communication et
importante pour des raisons de sécurité militaire - probablement le
même raisonnement qui poussa Philip à s'établir devant l'embouchure de
la Fish River à la petite Décharge! Nous y reviendrons.
Deuxièmement, Philip avait le loisir de défricher et utiliser autant de
terres qu'il pouvait autour du lac Témiscouata. Nous avons appris
l'étendu de ces difficultés dans le rapport du Major Elliott sur les
stations de relais au lac Témiscouata, daté août 1823:
"August
1823 by Major Elliot
Lake
Temiscouata
At the
Eastern extremity of the Portage which is about 36¾ english miles in
length, is Long's farm, this man, receives a pension of two shillings
per day from his Majesty's Government and in the year 1809 was directed
by Finlay, Post Master General of Canada, to established himself on the
most convenient spot at the extremity of the Portage (as appears by a
letter of that date) to facilitate the conveyance of the mails, in
consequence of which he fixed himself at this present place of
residence, and although repeatedly promised has never got a grant of
land, says that Col. Fraser on whose seignority he is, has assured him
he shall not be disturbed in the possession, nor shall he expect any
rent from him, but if his son or any part of the family remain on it
they will have to pay a rent."
Nous
pouvons lire clairement que Philip Long avait essayé pendant bien
longtemps d'obtenir des octrois de terres mais n'avait pas réussi. La
Seigneurie appartenait au colonel Fraser (un Loyaliste lui aussi). Il
nous apparaît possible que les terres sur lesquelles Philip avait vécu
ne pouvaient lui être octroyées puisque celles-ci n'appartenaient pas non
plus au Seigneur Fraser. Nous apprenons de Doris Long que la
Seigneurie de Témiscouata était passé aux mains de James Murray en 1763
et pour ensuite être vendue à Alexandre Fraser en 1802. Aussi, le document de R. Mathews, daté du 27
octobre 1828, fut enregistré après que Philip ait quitté le lac
Témiscouata - quelques mois après seulement puisque nous savons que
Jean-Baptiste Long avait déménagé à la petite Décharge à l’automne 1827
(Rapport Deane et Kavanagh). Est-ce possible que Philip ne quitta pas le
lac Témiscouata avant qu'il ait reçu des indications claires que ces
terres ne pouvaient jamais lui être octroyées car elles appartenaient
toujours soit (1) à David Higgenbotham ou ses descendants ou (2) étaient
revenues dans la possession de la couronne ou (3) avaient été transférées,
avec la Seigneurie de Témiscouata, au Seigneur Fraser. Plus de
recherche nous sera nécessaire pour déterminer la vérité de ce côté.
Ce
passage nous permet de comprendre le besoin pour le gouvernement de
s'assurer que Philip puisse opérer un poste de relais avec toutes les
nécessités de l'époque pour voir au transport des malles et des
personnes sur le lac et dans le Portage. Ce n'était pas une mince
compensation - sauf bien sûr que le lac Témiscouata pouvait sembler le
bout du monde en 1808! Les délais, la nature, la température - tout
luttait contres les hommes qui voulaient s'établir dans la région.
Mais notre intérêt pour l'octroi à David Higginbotham est le lien de
celui-ci avec les difficultés que Philip a rencontrées beaucoup plus tard,
lorsqu'il a voulu obtenir l'octroi de ces terres à la tête du lac ou il
avait passé tant d'année.
Le fait
que le gouvernement avait déjà octroyé la terre à David Higginbotham,
et que jusqu'à présent, nous n'avons pu établir si oui ou non
Higginbotham avait transféré ces titres à quelqu'un, ou bien s'il
avait tout simplement perdu ses titres pour causes de négligences ou
autres faits. Chose certaine - le gouvernement devait bien connaître
l'histoire de ces octrois, surtout pour une parcelle de terre qui fut
aussi stratégique. De là les difficultés de Philip, qui ultimement dû
s'avouer vaincu. C'est alors qu'il vendit les terres que lui et ses
garçons avaient défrichées autour du lac à Joseph Bouchette et Alexandre
Fraser pour en obtenir d'autres au sud-ouest de la Seigneurie de
Témiscouata, probablement dans les environs du Lac Long et le lac Glazier et Saint-Jean-de-la-Lande. Nous ne sommes pas certains de
l'emplacement de ces terres. Si les titres de Higginbotham n'avaient pas
été transférées à la couronne ou qu'ils n'avaient pas été éteint pour
tout autre raison, il aurait été impossible pour le gouvernement
d'acquiescer à la demande de Philip même s'il l'avait voulu.
Nous ne
savons pas si Philip connaissait bien l'existence de ces titres de Higgenbotham mais nous devons croire au fait que lui et Higginbotham
devaient être assez proche, et donc que ses efforts pour recevoir les
mêmes titres que Higginbotham auraient sûrement impliqué son ancien ami
(si Higginbotham était toujours vivant). Aussi, il doit bien exister
une ligne continue de titres pour ces terres, en partant de l'octroi à
Higginbotham jusqu'à nos jours.
Enfin,
dans le livre centenaire de Cabano, on y mentionne que « l’hotellerie
de Long était en face du Fort Ingall ». Il nous apparaît probable que
la raison pourquoi le Fort Ingall était sur les bords du lac alors que
l’hotellerie de Long sigeait en face est probablement parce que les
terrains accordés à Higgenbotham revinrent dans la possession de la
Couronne et que celle-ci n’a jamais permis son transfert à un autre
citoyen. Cela expliquerait au moins cette note en partie. Il est aussi
probable que lorsque la décision de construire un fort fut prise, Philip
aurait très facilement put laisser une partie de son terrain aux besoins
de la construction. D’après la gravure de Bouchette, il est fort
probable que la ferme de Long siègeait sur les bords du lac à un moment
donné, et que le Fort fut construit sur la terre fertile sur le bord du
lac alors que la maison et les cabanes qui servait aux voyageurs,
demeurèrent dans la possession de Philip et étaient à une certaines
distance des bords du lac.
Nous espérons que
d'autres recherches pourront éclaircir les liens étroits entre Long et Higgenbotham.
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